Résumé :
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"Guerre d'indépendance" ou "désastre" : la guerre de 1948 a des noms différents selon que l'on se place du côté israélien ou palestinien. L'État d'Israël s'est pourtant construit autour de cet événement fondateur, construit politiquement mais aussi "mythiquement". En effet, très vite, l'historiographie israélienne s'est emparée de cette victoire pour en tirer les "mythes fondateurs", tels que "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", "les Palestiniens ont fui les combats volontairement", "la victoire d'Israël est un miracle étant donné que les cinq États arabes ont attaqué en même temps", ou encore "Israël a accepté la partition de l'ONU en 1947 alors que les arabes l'ont refusée..." Ce sont tous ces récits mythiques qui tombent ici. En effet, depuis quelques années déjà, un groupe d'universitaires israéliens que l'on appelle les "nouveaux historiens" ou "les révisionnistes" remet en cause notamment la version israélienne officielle de la naissance du problème des réfugiés palestiniens. Eugene L. Rogan et Avi Shlaim, deux éminents historiens du Moyen-Orient moderne de l'Université d'Oxford, ont ainsi rassemblé les contributions des meilleurs historiens israéliens révisionnistes et d'universitaires arabes et occidentaux afin d'expliquer le sens et l'importance historique et contemporains de la guerre de 1948. Tous arrivent à la conclusion que le problème des réfugiés palestiniens n'est nullement lié à une fuite volontaire, mais aux politiques des autorités sionistes au moment de la création de l'Etat d'Israël.
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