Résumé :
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Les Canons du 18 mars, premier volume de l'adaptation par Tardi du roman de Jean Vautrin, Le Cri du peuple, avait tenu toutes ses promesses. Emporté par sa passion pour le thème du livre ? il pensait depuis longtemps à mettre la Commune en images ? et son intérêt pour Paris et son petit peuple, Jacques Tardi trouvait ici un sujet à sa mesure. Sa description en noir et blanc de la capitale de la fin du XIXe siècle et son talent pour "croquer" les personnages démesurés de Vautrin faisaient du premier volet de cette fresque une réussite jubilatoire. Les jurés du Festival d'Angoulême, comme ses visiteurs, devaient d'ailleurs le récompenser de concert, lui décernant l'Alph-Art du meilleur dessin en même temps que celui du public. Il ne restait plus qu'à confirmer : c'est chose faite avec la deuxième époque, intitulée L'Espoir assassiné. Dès le départ, le ton est donné : Tarpagnan s'aventure dans ce piège qu'est L'?il de verre, où défile la fine fleur de la pègre des faubourgs. Col-de-Zinc, Fil-de-Fer, Caracole et les autres portent des surnoms aussi piquants que la lame de leurs couteaux... L'histoire est lancée, tandis que l'autre Histoire, la grande, poursuit sa marche inexorable vers un dénouement que chacun sait tragique. L'écriture de Vautrin, mélange de gouaille populaire et d'argot de l'époque, donne toute sa dimension épique à ce récit. Le trait de Tardi s'en donne à c?ur joie. Ses vues nocturnes des faubourgs et ses reconstitutions du pavé parisien emmènent ses lecteurs à la découverte d'un monde aujourd'hui disparu, celui du Paris d'avant-hier.
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