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Résumé :
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Voilà le pari fou que s'est lancé l'éditeur japonais East Press, qui depuis 2007 a lancé une collection inédite nommée "Manga de Dokuha". Le premier volume de ce diptyque adapte l'?uvre de Marx et d'Engels . Le récit prend place dans un contexte contemporain aux penseurs : une Europe du milieu du XIXème siècle. Nous y découvrons Robin, un jeune fromager qui suit les traces de son père. Ses produits connaissent un certain succès sur le marché, mais n'étant que deux pour les fabriquer, les ventes se font rares. C'est alors que Robin rencontre Daniel, travaillant dans le monde de la finance, et qui sent dans ces fromages un possible filon. Obsédé par le souvenir de sa mère morte par faute de ne pouvoir se payer des soins convenables, Robin décide de faire confiance à Daniel et de monter sa propre entreprise, contre la volonté de son père qui ne voit rien de bon là-dedans. Pour le jeune homme, c'est le début de l'aventure de sa vie : monter une usine, obtenir les matières premières, les outils de fabrication, et bien sur, du personnel. Mais le monde vers lequel Robin s'aventure est loin d'être paradisiaque, ni humaniste : les ouvriers ne sont vus que comme une force de travail. L'homme n'est plus vu qu'en tant que marchandise, et doit se plier à de telles conditions sans autres alternatives... jusqu'aux limites du supportable. L'évolution de Robin, passant de simple fils de fermier à patron fermant les yeux sur les suppliques de ses employés, démontrent toute l'absurdité du système dans lequel il s'engage. Il n'y est finalement qu'une pièce de l'engrenage, ni victime, ni bourreau. Reprenant la pensé de Marx, le récit assume pleinement un certain manichéisme et cette version manga du Capital permet de vulgariser la pensée marxiste sans la dénaturer et par l'exemple, par le biais d'une histoire à l'implacable fatalité, où le lecteur découvrira au rythme du héros tout l'envers du décor de la machinerie capital
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