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Résumé :
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Rarement ? et peut-être jamais ? une grève ouvrière n?aura provoqué en France de tels remous, en ampleur autant qu?en longueur. Entre 1973 et 1981, un millier de salarié·es ont occupé non pas le pavé, mais leur usine de Besançon, et l?information nationale. Ils et elles fabriquaient essentiellement des montres, et leur patron avait décidé de vendre l?entreprise à un groupe horloger suisse concurrent (Asuag, connu aujourd?hui sous le nom Swatch), qui s?intéressait plus à la renommée de la marque qu?à la fabrication des pièces de micromécanique. Certes, c?était le début de la désindustrialisation de la France, mais si l?affaire Lip a occupé si longtemps le devant de la scène et suscité tant de livres, ce n?est pas tant cet aspect qui a retenu l?attention et attiré la sympathie d?une bonne partie de la population. C?est le fait que les salarié·es de l?entreprise ont fait preuve alors d?« une intelligence collective (?) et d?une créativité sociale et morale qui (?) met en avant des valeurs démocratiques, égalitaires, communes », comme l?écrit l?historien Patrick Fridenson dans la préface de la traduction française du livre exceptionnel que vient de consacrer à « l?affaire Lip" Donald Reid dans "Ouvrir les portes. L?affaire Lip 1968-1981." Analyse du système d''autogestion organisé par les ouvriers de l'horlogerie Lip pour sauvegarder leur usine en 1973.
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