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Résumé :
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En cette fin de millénaire, écrit Tzvetan Todorov, les Européens, et tout particulièrement les Français, semblent littéralement obsédés par un culte: celui de la mémoire. Cette ferveur compulsive participe d'abord de la nostalgie. Mais elle se présente aussi comme un devoir, une injonction. Certes, nous devons faire en sorte que soit maintenu vivant le souvenir. Mail il est contestable que la mémoire se trouve sacralisée, ce qui est une autre manière de la rendre stérile. Poussé à ces extrémités, le culte de la mémoire est abusif. Il nous détourne du présent et de l'avenir. Or c'est au présent et à l'avenir qu'il s'agit de penser. Le racisme, la xénophobie, l'exclusion qui frappent les autres aujourd'hui ne sont pas identiques à ceux d'hier. Pas plus que ne le seront les barbaries de demain. Sans effets polémiques mais avec netteté, Tzvetan Todorov lance ici un débat brûlant. Et comme le souligne Ricoeur "[...] Je reste troublé par l'inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d'oubli ailleurs, pour ne rien dire de l'influence des commémorations et des abus de mémoire ? et d'oubli. L'idée d'une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués. "
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